La bataille de George Square

Au lendemain du référendum, unionistes et indépendantistes s'affrontent au centre-ville de Glasgow (crédit : Olivier)

Au lendemain du référendum, unionistes et indépendantistes s’affrontent au centre-ville de Glasgow (crédit : Olivier)

Les indépendantistes ont fait de George Square le point central de leurs rassemblements dans derniers jours. Ce soir, les unionistes ont décidé que gagner le référendum n’était pas suffisant. Ils ont également conquis cette place publique, face à l’hôtel de ville.

Un texte d’Olivier Arbour-Masse

Des unionistes, ou plutôt des loyalistes, sont débarqués avec leurs Unions Jacks et leurs chansons à la gloire de la Reine pour chasser les souverainistes déçus, drapés de leur Saltire en réconfort pour un pays perdu.

Les policiers, à pied et à cheval, se sont interposés pour éviter que ça ne dégénère. Les policiers de Glasgow ont l’habitude. La violence récréative (se battre pour le plaisir… comme on va au cinéma, mettons) fait partie des moeurs de certains quartiers. En plus, la rivalité entre le Celtic et les Rangers, les deux plus gros clubs de soccer de la ville, provoque son lot de violence.

La police a sécurisé George Square, mais les affrontements se sont matérialisés dans les rues avoisinantes. Pour la première fois, la question du référendum a donné lieu à des affrontements physiques importants. Coups de poing, coups de pied à la tête d’un «fuckin unionist» tombé au sol : disons que la réputation de ville dure que Glasgow traîne a pris tout son sens.

Au-delà des actes de violence, le naturel des pugilistes m’a impressionné. Ils en avaient vu d’autres.

MISE À JOUR DU 20 SEPTEMBRE : On dénombre 11 arrestations jusqu’à maintenant. La police continue d’enquêter et d’analyser les images des caméras de surveillance, très répandues en Écosse.

Dans l’ensemble, le respect

Pourtant, à un coin de rue de là, deux Glaswégiens, inconnus l’un de l’autre, se sont arrêtés pour discuter politique. Un qui a gagné son référendum, l’autre qui l’a perdu.

Leurs échanges, teintés d’un grand respect, questionnaient l’état actuel de la politique britannique et s’interrogeaient sur les débouchés de ce référendum.

«On ne peut pas rentrer chez nous et faire comme si de rien n’était, a lancé l’indépendantiste. Même dans le camp du Non, il y a de nombreux insatisfaits des politiques capitalistes de Londres. Le changement part d’Écosse et doit s’étendre à l’ensemble du Royaume-Uni.»

Une discussion des plus respectueuses, comme il nous a été donné d’en apprécier tout au long de La Cavale.

Je vous aurais bien fourni le nom des deux hommes, mais ça s’est mis à se battre à quelques mètres de là et j’ai couru dans l’obscurité, sans flash, l’ISO dans le tapis, pour tenter de capter ce champ de bataille improvisé.

Quelques images de RT (sans les combats):

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