C’est une Écossaise, qui fait non, non, non (non non non)

Abigail Burton et Helena Galloway.

Abigail Burton et Helena Galloway.

Ils n’ont pas le Oui facile. Elles l’ont encore moins. Est-ce par crainte du risque ou tout simplement parce qu’elles sont plus dures à convaincre? Chose sûre : la souveraineté n’a pas le tour avec les femmes.

Un article d’Olivier Arbour-Masse

D’abord, les chiffres. L’option indépendantiste attire 43% des hommes, selon une étude publiée cette semaine. L’idée de pays ne séduit que 31% des femmes.

L’écart est criant. Suffisamment grand pour faire la différence le 18 septembre.

«Je ne sais pas ce qui se passera dans une Écosse indépendante. C’est trop risqué», plaide Helena Galloway.

Dans ce petit bout de phrase en apparence anodin, l’analyste commerciale de 24 ans tient la clé de l’énigme souverainiste.

Les explications stéréotypées avancent que les femmes sont moins tentées par le risque que les hommes. Les analystes de sondage observent quant à eux que les femmes ressentent plus d’incertitude face au vote.

Les Écossaises partagent les mêmes attentes que les hommes face à un nouveau pays. Toutefois, elles sont moins sures de ce que signifiera l’indépendance.

«Si on nous présentait une feuille de calculs avec les revenus et les dépenses d’un éventuel pays, ça m’aiderait», poursuit Helena.

Réponses recherchées

Le camp du Non s’acharne à entretenir le flou entourant le projet d’Alex Salmond. Le premier ministre écossais n’aide pas à trancher le brouillard.

Son refus de dévoiler un plan B concernant la monnaie d’un futur pays n’éclaire en rien les femmes en quête de réponses. Salmond dit que l’Écosse conservera la livre sterling tandis que les partis britanniques refusent une union monétaire. Cette mésentente est la raison numéro un de l’adhésion des femmes au Royaume-Uni, selon un sondage du Daily Record publié jeudi.

«Better the devil you know than the devil you don’t». Phrase entendue plus d’une fois, à la lumière du jour comme dans l’éclairage tamisé des pubs de Glasgow. Ce n’est pas la joie en Grande-Bretagne, mais au moins les femmes savent à quoi s’en tenir.

Tandis qu’à propos de l’indépendance, l’incertitude se manifeste partout, même sur Tinder.

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Salmond n’a pas la touche

Ce n’est pas donné à tous de savoir charmer les Écossaises.

Alex Salmond a déjà eu le tour, à tout le moins avec les femmes d’expérience. Il a marié Moira, sa femme, à 26 ans. Elle en avait 43. Mais après plus de 30 ans de mariage, il a perdu la main.

«Arrogant, ambitieux et malhonnête». Voilà les trois mots qui viennent aux lèvres des femmes quand vient le temps de décrire le porte-étendard du projet indépendantiste, selon le sondage du Daily Record. Pas exactement la description la plus payante sur Réseau Contact.

Son impopularité, voilà peut-être ce qui explique son changement de ton durant le premier débat. Politicien doué doté d’un sens de la répartie assassin, il a plutôt paru amorphe.

Voulait-il s’adoucir, se faire affable? L’intention était floue, le résultat décevant. Les femmes y ont vu de l’arrogance et du paternalisme, comme l’exprime Abigail Burton, colocataire d’Helena. Les hommes n’ont pas reconnu le fier combattant qu’il est habituellement.

À un mois du vote fatidique, la nécessité d’attirer les femmes incitera peut-être les indépendantistes à mettre de l’avant Nicola Sturgeon, deuxième visage du Oui. Les Écossaises la perçoivent comme «ambitieuse, intelligente et forte».

La campagne Yes Scotland devra rassurer les femmes et leur fournir les réponses qu’elles cherchent sans quoi l’indépendance demeurera un rêve plutôt qu’une réalité.

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2 réflexions sur “C’est une Écossaise, qui fait non, non, non (non non non)

  1. Très bon article concernant l’apport des femmes à cette décision très sérieuse et très importante. Maintenant, quelle place occupe l’opinion des femmes au sein de cette attitude patriarcale de M. Salmond? Effectivement, il aurait intérêt à élaborer son plan B afin d’apporter davantage de crédibilité à cette question d’indépendance et rassurer les indécis .
    Bravo pour cet article.
    Loulou-h.

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  2. Très bon article. Eh oui, les femmes sont peut-être plus indécises, mais aussi plus sages et réfléchies que leurs partenaires. Alors, faudra que les décideurs travaillent très fort pour leur apporter la preuve que cela peut marcher. A eux de jouer… Bonne chance! Murielle M.

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